12 mai 2008
Métro-Expo-Resto
Vous ne savez rien de ma vie et aujourd'hui j'aimerais en livrer un bout et les interrogations qui vont avec. Sans entrer dans les détails, je suis étudiante à la fac. Et disons que je prends mon temps. Pour être plus claire, je ne valide pas les années les unes après les autres directement. Il faut dire que pour atteindre les études qui m'intéressent, je dois valider un deug qui ne m'a jamais passioné. Oui je sais le deug n'existe plus, mais c'est bien un Bac +2, pas la licence complète. Bien sûr, il y a certaines choses très intéressantes. Et je n'en regrette absolument pas l'apprentissage. Bien au contraire. Mais il faut savoir que je vise la licence qui suit et qui n'est pas dans la même branche, depuis très longtemps. A force on fatigue. Pourquoi alors je ne m'efforce pas à valider ces années obligatoires le plus vite possible? Et bien parce que je me pose des questions sur le véritable sens de la vie (WOW!). Alors oui, déjà je ne suis pas une étudiante modèle. Mais tout ce que je travaille vraiment, je le valide. Donc, ce n'est pas un problème de capacités. Le problème, c'est vraiment la motivation, même si je garde mon objectif en vue. Je n'ai jamais été aussi proche, mais j'ai encore abandonné cette année. Le premier semestre m'a beaucoup fatigué lors des examens. Sûrement parce que je ne suis plus habituée à travailler "de façon intense" (je guillemette parce que la fac où je suis, n'est pas intense et permet le redoublement).
Mais, honnêtement, je ne pense pas que ce soit l'unique raison. Je me suis aperçue que je commençais à avoir peur de quitter les études. Est-on capable de se ralentir pour prolonger un moment de sa vie? La vie d'adulte m'attire évidemment avec ses nouvelles libertés, avoir un statut et de l'argent, devenir quelqu'un. Mais, en même temps, la vie étudiante est le dernier moment où il est permis de ne pas être complètement responsable. Pour moi en tout cas, je sais que beaucoup d'étudiants font face aux responsabilités parce qu'ils n'ont pas le choix. Je n'arrive pas à voir la vie d'adulte comme une émancipation. Le métro-boulot-dodo comme aime à dire mon ami doudou me fait peur. Le fait que l'on puisse choisir son style de vie est certainement vrai mais il reste que l'on travaille et que l'on paie ses factures. Qui a décidé que l'on devait passer la majeure partie de notre temps sur Terre à travailler? Pourquoi n'as-t-on pas un équilibre parfait temps travaillé/temps libre? Je ne parle pas de devenir des légumes à rester devant la télé, non ! Il y a tellement de choses à faire. Et puis après tout, pourquoi ceux qui conçoivent le bonheur seulement devant la télé, ne pourraient-il pas juste faire ce qui leur plaît pendant ce temps libre qu'on leur aura octroyé? Qui décide de nos vies? On peut juste faire un lien avec le suicide voir l'euthanasie en évinçant évidemment les cas abusifs où ce n'est pas l'euthanasié qui a choisi la mort. Qui a décidé que l'on était pas propriétaire de nos corps? Alors, effectivement on peut très bien travailler à temps partiel. Seulement, le salaire que l'on en retirera ne nous permettra pas de réaliser autant de choses qu'avec le salaire d'un temps plein. Sortir sans rien payer, c'est possible. Mais on est très limité. Profiter d'un grand temps libre, ça peut être aller à des expos, dans des musés, au théâtre... mais il faut de l'argent. Si vraiment le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, on peut très bien changer notre vision des choses et se lever pour aller rencontrer des tribus autochtones et découvrir différents modes de vie sans pour autant rejetter le notre. Je suis ravie de connaître le cinéma et les groupes de rock!
Je ne comprends pas les gens qui avancent sans se poser de questions. Et j'admire les gens qui savent avancer alors qu'ils se posent ces questions. En fait, au risque de choquer, parfois j'aimerais ne pas pouvoir y réfléchir, ne pas avoir le choix. Etre obligé d'avancer, n'est-il pas plus sain, finalement?


